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1986 : L'AN I DE L'EXISTENCE

1986 : L'AN I DE L'EXISTENCE

Etudes polymathiques, philosophiques, historiques, moniques.


France : La Sainte-Laïcité est devenue la première religion du pays

Publié le 2 Novembre 2025, 16:40pm

Catégories : #France, #Politique, #Editorial, #Créations

Publié sur thomasradoube le 08/11/2020

Depuis que la Sainte-Laïcité est devenue première religion de France, ses fidèles, par leurs croisades, sont devenus de véritables mudjahidins.

En droit international, quelle que soit la langue dans laquelle on s'exprime, la liberté de religion est définie de manière très sobre, succincte et dénuée de toute ambiguïté : c'est le droit fondamental des individus de choisir et de pratiquer une religion ou aucune. C'est un droit inaliénable et indiscutable, ancré dans les droits individuels et gravé dans le marbre depuis la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1948, ratifiée, signée et adoptée par la République Française. La France elle-même avait anticipé la protection de ce droit en spécifiant très clairement dans sa Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, que nul ne pourrait être inquiété pour ses convictions religieuses. D'ailleurs, la plupart des textes de lois, traités, conventions, pactes ou autres déclarations internationaux reprennent sensiblement les mêmes valeurs démocratiques et soutiennent indéfectiblement la liberté de religion.
Seulement voilà, les textes internationaux, pourtant écrits dans la plus grande sobriété et la plus grande simplicité semblent désormais susciter l’ambiguïté contre laquelle ils avaient été conçus. Dans la société moderne, au sein de laquelle «bleu» ne s'écrit plus «bleu» mais «panel de couleurs représentatives de ce qui se situe à l'opposé du rouge», les mots les plus simples et les plus précis prennent des tournures mystérieuses et amènent au doute. L'article 18 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1948 stipule ainsi que «Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites.» Les mot «mais», «cependant» ou encore «à l'exception de» n'apparaissent pas dans cet article, pas plus que dans l'article 10 de la déclaration française de 1789 qui dit clairement que «Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la Loi.»
Pour compléter avec précision le cadre exprimé dans le suffixe de cet article 10, «l'ordre public établi par la loi» se définit ainsi selon le Conseil Constitutionnel : l'état social correspondant au bon ordre, à la sécurité, à la salubrité et à la tranquillité publique». Rappelons au passage la définition de la laïcité par Larousse : «principe de séparation de la société civile et religieuse».
Ces jalons étant posés en des termes explicites et concrets, il est donc difficilement possible de remettre en cause l'interprétation de ces écrits qui ont été voulus pacifiques par leurs auteurs, et qui sont aujourd'hui détournés à des fins provocatrices et haineuses, parfois par mépris, souvent par ignorance.
Depuis la loi de séparation entre les églises et l'état d'Aristide Briand de 1905, la laïcité n'a jamais été clairement définie, et la liberté de religion quant à elle de s'effriter pour se réduire de nos jours à des bribes de souvenirs lointains.
La Sainte-Laïcité a fini par devenir ce qu'elle combat depuis qu'elle existe : une religion à part entière. Ses adeptes les plus fervents, ceux qui disent se battre pour la défendre au quotidien, en sont devenus en quelques sortes l'anti-matière. A force de combattre si aveuglément tout signe apparent ou caché de croyance, de foi ou de pratique religieuse quelle qu'elle soit, de mépriser ceux et celles qui osent avouer croire, de ridiculiser ceux qui en sont fiers ou de criminaliser ceux qui l'extériorisent, les dévots de la laïcité nous replongent dans un passé que nous croyons révolus : les croisades. Sauf que cette fois ci, leur ennemi n'est plus une religion bien précise, mais la simple liberté de religion, un droit acquis à tous. Aussi, aujourd'hui, les adorateurs fanatiques de la Sainte-Laïcité et de ses révélations intemporelles en sont devenus les moudjahidines, qu'ils soient prêcheurs (Jean-Luc Mélenchon en est l’archevêque, et Marine Le Pen, la grande imam), vicaires (Réseau 1905 par exemple), ou simple pratiquants (comme Alceste, élève en 1ère au lycée des Troènes, qui sait tout sur tout ou Pierre-Brieuc, le manager du service photocopies de Luxaplux France, qui a voyagé et vu que c'était bien pire ailleurs).
Les cas concrets se comptent par dizaines pour les seules exactions commises et médiatisées par la seule communauté laïque de la seule France sur les seules dernières années. Tout le monde se souvient des différents scandales mis au jour par exemple à Ploërmel, des refus de plus en plus généralisés d'autoriser Noël dans les écoles publiques, des volontés politiques ça et là de rebaptiser les communes portant le mot «Saint» dans leur nom, ou encore l'allergie généralisée au port du voile ou du crucifix ou la suppression des expressions linguistiques ayant une référence religieuse, mais que tout le monde utilise au quotidien.
Dans le passé et le présent, plusieurs états ont soutenu cette église de la Sainte-Laïcité, et ont marqué les manuels d'histoire. On peut notamment citer entre autres l'union soviétique de Staline, la république socialiste roumaine de Ceausescu ou encore la république populaire de chine du bien aimé Xi Jinping. Des états providence qui rayonnent ou ont rayonné par leur application irréprochable des valeurs humanistes et du droit international. Mais qui revendiquaient ou revendiquent la Sainte-Laïcité. C'est le principal. Les croisades menées par ces gentilshommes contre la menace religieuse, qu'elle soit chrétienne, musulmane, boudhiste, ou autre ont permis aux population des pays suscités de s'épanouir dans la joie et la qualité de vie au quotidien. Ce sont les faits, reconnus par tous. A moins que ce ne soit ici une erreur d'interprétation, une de plus.
La Sainte-Laïcité n'est autre qu'un totalitarisme absolu. La liberté de religion telle qu'elle est définie dans les textes internationaux, garantit à chaque individu la liberté de religion, à commencer par la liberté de ne pas avoir de religion. Les barrières de la laïcité précédemment définies cadrent parfaitement le rôle de cet outil démocratique : la société religieuse n'a pas a empiéter sur la société civile. C'était le cas, et tout le monde vivait en paix en France, jusqu'à la Grande Révélation et l'avènement de la vraie foi, à la fin du vingtième siècle, lorsque la Sainte-Laïcité est née, et a commencer à traquer toute manifestation d'une religion autre sur le sol français. Les prêtes de ce culte nouveau parviennent, pas à pas, à manipuler l'opinion publique et faire que les croyants et pratiquants des anciennes religions se résignent à se cacher et vivre dans le déni ou la honte, afin de ne pas être moqués ou rejetés par leurs contemporains.
Avouer être croyant ou pratiquant catholique en France en 2021 mène indubitablement à un jugement immédiat et sans appel de la communauté laïque : «tu es démodé, tu es nul, tu as tort...». Avouer est bien le mot le plus adapté. C'est désormais devenu un pêché. Et s'il est une vérité admise depuis la nuit des temps : pêché avoué est à moitié pardonné. Annoncer à ses collègues que sa femme est musulmane mène à un florilège orchestré de questions aussi intrusives que ridicules, comme «Alors elle met le voile? Et du coup elle ne boit pas d'alcool? Et le mouton, vous le tuez sur le balcon ou dans la cave?». Le voisin juif, lui, est responsable de tous les vols du quartier et de la chute des actions de Luxaplux France. Il semble toutefois y avoir une curieuse tolérance pour la pratique de cultes ancestraux, comme le Zoroastrisme ou le Druidisme.
En cette difficile période de confinement (qui est un autre débat tout aussi fascinant), les adorateurs de la Sainte-Laïcité peuvent se réjouir d'une inéluctable décision de l'exécutif de suspendre les festivités de la Nativité (pardon : les fêtes commerciales de fin d'année) à des fins prétendues sanitaires. Une victoire pour l’archevêque Mélenchon, et tous ses séminaristes convaincus de porter la bonne parole à leur prochain. Mais dans ce cas, pour suivre leur logique jusqu'au bout, pourquoi les chevaliers de l'ordre de la laïcité ne demanderait-elle pas la suppression de tous les jours fériés hérités des traditions religieuses ?

 

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