''Les gares sont des endroits où se croisent des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien''
Ce sont ces mots que tu as dit (on peut se dire tu, c'est plus convivial, et ça rapproche un peu les classes) lors de ta petite visite à Roazhon, très récemment.
En fait, je tenais à te dire que tu as absolument raison. Ça ne peut être plus vrai.
Je suis content et fier de réaliser que je ne suis rien, à l'instar d'une bonne grosse palanquée de pauvres cons d'autres contribuables. Il est à noter que certains de ces gens qui ne sont rien ont également participé à ton élection, toi qui a réussi.
Je ne suis rien, parce que je n'ai pas réussi dans mon entreprise personnelle, ni dans ma carrière politique, ni dans ma carrière artistique.
Tu as raisons, les riens croisent ceux qui réussissent, et les riens permettent à ceux qui ont réussi de pouvoir se sentir encore plus supérieurs, et de contempler la lie de plus haut.
Mais c'est tellement bien d'être rien, parce qu'on ne peut que s'améliorer, pour faire mieux, et ainsi réussir. Tandis que lorsqu'on a réussi, et qu'on sait qu'on a réussi, tout est à notre portée, et tout le monde est prêt à tout pour nous. Et du coup, à force de réussite, il n'y a plus d'évolution possible, plus d'ambition, en bref, il n'y a plus rien.
Donc, effectivement, Monsieur Le Président de La République, je suis d'accord avec toi. Dans une gare, on trouve des gens qui ne sont rien, parce qu'ils ont déjà tout et qu'ils n'ont plus rien à prouver. Et on trouve des gens qui ont réussi. Réussi à survivre aux quolibets, moqueries et attaques incessantes, de plus en plus odieuses de ceux qui, pour eux, pour nous, ne sont rien.