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Publié par Thomas Boreal sur 12 Octobre 2016, 18:00pm sur 90Nord. Image : Governor of Svalbard
Le tourisme est il en train de devenir le nouveau mal du siècle?
C'est une question qui revient sans cesse, dans tous les articles, sur tous les réseaux sociaux, dans toutes les bouches, dès que l'on parle de l'Arctique et de son attrait croissant auprès d'une foule sans cesse grandissante d'aventuriers qui se découvrent.
C'est une question de plus en plus justifiée, et de plus en plus justifiable. Le cas de l'Islande ne fait plus débat : victime de son propre succès, elle se condamne chaque jour à se saborder un peu plus, écologiquement parlant. Mais cette tendance est-elle en train de s'étendre à tout l'Arctique, nouvelle destination à la mode?
Le Svalbard avait la chance d'être un petit archipel isolé, loin du monde, et à l'abri des invasions massives et dangereuses pour l'équilibre environnemental local. Le Svalbard était aussi un des derniers bastions terrestre pour les ours polaires - tout le monde le sait - très vulnérables. Jusqu'à présent, les ours polaires ont toujours vécu plus ou moins en harmonie avec les habitants et (rares) visiteurs du Svalbard, et les accidents étaient fort rares. L'ours blanc n'a pas tué au Svalbard depuis des décennies, et rares furent les agressions nécessitant d'abattre un de ces animaux. (Rapellons qu'au Svalbard, les excursions hors agglomérations doivent se faire exclusivement avec l'emport d'un pistolet à fusée, qui peut être utiliser pour effrayer un ours en cas d'attaque, ainsi qu'un fusil de chasse, à n'utiliser qu'en cas d'absolue nécessité, car tout abattage d'ours doit être dûment justifié).
Durant la saison d'été 2016, ce sont trois ours qui ont dû être abattus par le Sysselmanen, le gouverneur du Svalbard, car ils devenaient trop menaçant pour des groupes de touristes, aventurés en "zone d'ours" sans protection. De plus, en juin, un trappeur ayant justement confondu l'usage des fusées et celui des cartouches, à tué une femelle ours polaire, obligeant les autorités à euthanasier ses petits par la suite. (source : svalbardposten.no)
Dans un tout autre registre, Alaska Dispatch News rapporte que fin septembre 2016, le gouvernement du Svalbard à mis en place un exercice grandeur nature de marée noire, pour se préparer à toute éventualité à cause du flux en constante hausse de navires de croisière et de bateaux privés dans les eaux du haut Arctique.
Oui, l'Arctique attire. Oui, l'Arctique est beau. Oui, l'Arctique est magique. Mais doit-on pour autant le sacrifier? Est-il nécessaire de s'acharner à saboter avec soin et volonté ce qui s'avère être un des derniers milieux naturels jouissant d'une immensité jusque là non perturbée?