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Publié par Thomas Boreal sur 10 Octobre 2016, 19:42pm sur 90Nord, vivreenislande. Enquête publiée sur ABP, sur lepeuplebreton. Image : Atterrisage d'un Boeing 757-200 Icelandair en provenance de London Heathrow à Keflavik. Janvier 2007. Thomas Boreal Pictures.
Il était une fois, dans un pays lointain – une île, en fait – entouré d'océans aussi sompteux que capricieux, existait une sorte d'aimant à touriste magique. Et la puissance de cet artéfact antédéluvien était telle, qu'une fois découvert par un bobo ordinaire au début des années 2010, il se mit à attirer des dizaines de millions de clampins, plus nombreux chaque ànnée, à vouloir mettre la main dessus.
Ce pays lointain, c'est l'Islande. Pour beaucoup, ce simple nom évoque un paradis géographique, touristique, écologique ou thermal. Mais pour d'autres, bien peu d'autres, en fait, d'autres synonymes sautent à l'esprit, comme par exemple «paradis de la corruption», «bandits interplanétaires», «mafia vénéneuse»...
Être isolé à toujours été un avantage, lorsqu'on prend la voie mystérieuse et inexplorée du côté obscur, et l'Islande, par sa position géographique avantageuse (à mi chemin entre deux super puissances), à toujours été très axée sur la logistique et les transports, aériens et maritimes. Deux ingrédients que l'on retrouve presque dans toutes les histoires ordinaires de la planète.
Vous qui venez ici, dans une humble quête d'aventure, d'originalité (ou de désir de faire comme tout le monde, plus exactement), et qui voyagez avec Icelandair ou Wowair pour voler islandais, qui excursionnez avec Reykjavik Excursion, pour prendre un artisan local, sachez que vous vous trompez du début à la fin. En même temps, quand vous irez en Republique Tchèque, en Lithuanie, au Venezuela, en Jamaïque (…), il y a de fortes chances pour que le scénario se répète, et que votre voyage profite aux mêmes personnes, et certainement pas à des artisans locaux.
Parce que c'est bien de cela que cette histoire ordinaire parle : la mafia des glaces, et sa main mise sur tout le secteur des transports, de la logistique, et du tourisme en Islande.
Tout est parti d'une petite enquête technique sur les compagnies aériennes islandaises, où liées à l'Islande de près ou de loin. Une petite enquête commencée à la disparition subite et étrange de la compagnie Iceland Express au profit de la création d'une petite nouvelle, Wow Air. Tout est parti de la revue, un par un, de l'historique de chaque avion qui fût ou qui est immatriculé en Islande, depuis le premier vol à nos jours. Le résultat, bien que difficile a exploiter de manière accessible sans tomber dans l'excès technique, est tout à fait édifiant. C'est au cours de cette petite enquête tout à fait innocente que d'autres faits, d'autres vérités et d'autres liens ont pu être établis entre de nombreuses institutions, et, au final, toujours les mêmes personnes.
Le transport aérien en Islande, est disputé en façade par trois entités indépendantes : The Avion Group, Eyjafjoll SAS et Icelandair Group. Vous pensez qu'il n'y a qu'Icelandair, et sa concurrente alternative, biologique, végane Wow Air ? En réalité, c'est bien plus complexe.
PREMIERE PARTIE : AIR ATLANTA ICELANDIC
Au commencement, était une petite compagnie aérienne locale et familiale, Flugfelag Ernir, aujourd'hui commercialisée sous le nom «Eagle Air», la traduction exacte de sa raison sociale en anglais, fondée en 1970 dans le nord de l'Islande, et aujourd'hui toujours régie par son fondateur Hordur Gundmundsson et sa famille. Cette petite compagnie n'a jamais compté plus de 5 appareils dans sa flotte ; des appareils de petite capacité, destinés à la desserte des communautés isolées, et à l'affrètement charter (pour des évacuations médicales ou des excursions touristiques).
Il est assez curieux de noter la ressemblance dans l'identité avec Eagle Air, nom commercial d'Arnarflug, fondée en 1976 et à fait de la location d'avions sa principale activité. Entre 1985 et 1990, 17 appareils ont été immatriculés (pour la plupart avec des immatriculations islandaises, mais également quelques un avec des immatriculations internationales américaines), et ont volé aux couleurs de l'Islande, sans pour autant jamais n'y effectuer de trafic commercial. Air Algerie, KLM, Connair, Brittania font partie des clients réguliers d'Arnarflug à cette époque, juste avant le «rachat» par Islandsflug.
En 2004, soit 13 ans après sa disparition juridique, Arnarflug à loué un appareil en son nom à une nouvelle compagnie islandaise : Landsflug, dans un premier temps chargée d'assurer les opérations domestiques d'Islandsflug, puis qui commercialisera ensuite ses opérations sous le nom City Star Airlines, compagnie aérienne virtuelle basée en Ecosse.
Flugvelar intervient constamment dans des relations commerciales avec Arnarflug, entre 1985 et 1990 pour qui elle agît comme loueur ACMI d'appareils (location complète, incluant l'appareil (Aircraft), l'équipage (Crew), la Maintenance, et l'assurance (Insurance)). Toutes les recherches concernant Flugvelar mènent directement, et systématiquement à Hedinn, entreprise de génie mécanique maritme en activité depuis 1892, dont la page d'accueil sur internet représentait jusqu'en 2016... un avion. (Ajoutons que le logotype de Hedinn ressemble quand même fortement à celui d'Eimskipafelag Islands ou Eimskip, grande compagnie maritime et maison mère d'Air Atlanta Icelandic, qui seront évoquées ci-après, mais pour résumer, on a là, un chantier naval spécialisé dans la pêche, qui semble lié à Eimskip, qui loue des avions à Air Atlanta Icelandic, compagnie aérienne filiale de cette même Eimskip.
Islandsflug acquiert entre 1991 et 2004, 25 appareils qui seront pour beaucoup transférés à Air Atlanta Icelandic lors de la fusion. La compagnie, une fois de plus spécialisée dans la location ACMI compte de nombreux clients, et travaille fréquemment avec Channel Express, compagnie low-cost opérant au Royaume-Uni et basée dans les Îles Anglo-Normandes.
Lors de la fusion avec entre Islandsflug et Air Atlanta Icelandic, les contrats passent d'une compagnie à l'autre sans appel d'offre. Plus tard, lorsque Channel Express sera intégrée au groupe Jet2, les contrats perdureront, et les avions islandais continueront de voler, aux nouvelles couleurs cependant.
Cette fusion entre Islandsflug et Air Atlanta Icelandic en 2004, a mené à la création d'un holding du nom de The Avion Group, qui en profite pour racheter les compagnies Excel Airways et Star Airlines qui ont été mixées peu après pour devenir XL Airways (compagnie bien connue des touristes français), et dont Air Atlanta Icelandic devient le loueur ACMI quasi-exclusif.
Depuis 1986, année de sa fondation par un pilote, Arngrimmur Johansson (également fondateur du musée de l'air d'Islande à Akureyri), la flotte d'Air Atlanta Icelandic à vu passer quelque 128 appareils, y compris ceux repris lors de la fusion de 2004. C'est ce qui en fait la plus grosse compagnie aérienne du pays, devant l'ensemble de compagnies formées par Icelandair Group.
Spécialisée dans la location ACMI et le dry-lease (location «sèche» c'est à dire brute, sans service) d'appareils pour le transport de passagers ou cargo, la compagnie travaille avec des clients du monde entier, et même d'Islande, en louant occasionnellement pour Icelandair et ses filliales.
La compagnie produit énormément d'avions pour Channel Express, basée dans les Îles Anglo-Normandes, et plus encore pour Jet2 après leur union (A noter que Jet2 a des fonds islandais dans son capital).
Les suffixes des immatriculations des appareils loués à Jet2 depuis l'union restent les mêmes malgré le changement de pays d’immatriculation (par exemple : TF-ELO devient G-CELO et TF-ELZ devient G-CELZ).
Plusieurs de ses appareils ont aujourd'hui été acquis par une entreprise de leasing, qui les redistribue (essentiellement en Afrique), appelée Avion Leasing, et basée... en Islande .
On retrouve une large quantité des appareils d'Air Atlanta Icelandic dans les pays pétroliers. Par exemple, pas moins de 11 appareils sont directement loués à Saudi Arabian, et aux Emirats Arabes Unis, par le biais d'une nouvelle compagnie, créée en 2005, Maximus Air Cargo dont une partie de la flotte provient d'Avion Leasing et qui emploie des pilotes islandais.
Avion Group, entreprise de gestion, de consultation et de financement, basée à la Jamaïque, possède un site internet extrêmement pauvre, malgré les moyens supposément élevés de l'organisation. Il n'y a pas même la moindre coordonnée pour les contacter si ce n'est un formulaire automatique dont l'efficacité reste à prouver.
Il faut tout de même noter que Avion Group fût le nom commercial utilisé pour les activités internationales d'Eimskip, sans doute la plus grosse entreprise islandaise, spécialisée dans le transport maritime, la logistique, la finance et fréquemment impliquée dans des gros scandales fiscaux et financiers.
Depuis, leurs activités opérées sous le nom Avion Group, ont été remplacées par un nouveau holding, A Tango, tout aussi savoureux.
Depuis 2005, Eimskip fait également partie du holding Avion Group, qui est désormais à la tête d'un immense réseau d'entreprises dans le monde entier, tout en étant – soit-disant – piloté depuis La Jamaïque.
A noter que l'entreprise Hedinn (qui, par le biais de Flugvelar hf louait des avions a Arnarflug), citée plus haut, apparaît fréquemment dans les rapports d'activité d'Eimskip, et que leurs logotypes sont extrêmement similaires.
Eimskipfelag Islands hf a déjà été citée dans de nombreuses histoires récentes de corruption, de fraudes et de malversations, concernant directement de hautes personnalités politiques d'Islande, ainsi que des émirs et princes du Qatar, des Emirats Arabes Unis et d'Arabie Saoudite. L'étude de cette entreprise est tentaculaire, et certainement sans fin.
Son capital est réparti essentiellement entre deux entités, qui, par le biais de sociétés écrans dont les dénominations varient de quelques lettres à chaque fois, possèdent à elle deux 55% des actions.
Le premier consortium mène systématiquement à un fonds d'investissements américain, Yucaipa Companies, qui brasse probablement des milliards de dollars, vu qu'il possède entre autres Alliance Entertainment (Universal, Warner, Sony, Red...). Malgré cela, Yucaipa n'a sans doute pas les moyens de se payer un vrai site internet.
Quel peut bien être l'intérêt de l'investissement d'un tel fonds dans un groupe comme Eimskip ? Yucaipa Companies, possède tout un réseau de logisticiens frigorifiques dans le monde. En acquérant 25% du capital d'Eimskip, elle met ainsi la main sur un couloir maritime essentiel à l'économie transatlantique, en acquérant par la même occasion, des entreprises du secteur au Canada, aux Îles Feroe, au Danemark et au Royaume-Uni.
Notons tout de même en passant, qu'une des vice-présidentes du directoire d'Eimskip est Johanna A Bergi, directrice d'Atlantic Airways, compagnie aérienne nationale des Iles Feroe, concurrençant légèrement Eimskip. Parmi les autres membres de ce directoire, Larus L Blondal, avocat de la cour suprême islandaise, et président du comité olympique islandais ; Richard Winston Mark D'Abo et Marc Smirnoff, tous deux dirigeants de Yucaipa Companies, ainsi que Virglundur Thorsteinsson, directeur du fonds de retraite Lifeyrussjodur Verzlunarmanna, lié à l'activité de la pêche en Islande, et qui possède 29,5% du capital d'Eimskip, et 40% de celui d'Icelandair Group.
DEUXIEME PARTIE : ICELANDAIR GROUP
Icelandair, avec toute son histoire, est la plus ancienne compagnie aérienne islandaise, et à fondé son empire financier sur les bases d'un protocole de monopole commercial ayant duré des décennies. Aujourd'hui, Icelandair Group est un ensemble de compagnies majeures sur la scène internationale, qui emploie plus de 3000 personnes.
Les opérations d'Icelandair ont longtemps été confiées à Loftleidir Icelandic, compagnie aérienne qui est supposée ne plus exister depuis sa fusion officielle avec Icelandair en 1979. Cependant, la compagnie existe toujours, et propose, selon son site internet (complet), la location ACMI de ses appareils.
Les avions d'Icelandair opèrent dans le monde entier, tantôt en propre, tantôt loués par Loftleidir a des compagnies tierces des cinq continent. Parmi ces bénéficiaires, sont concernées depuis de nombreuses années Santa Barbara Airlines, Air Niugini, Flyglobespan, AirBaltic, ou encore la française Air Méditerrannée, concurrente d'XL Airways récemment disparue.
Le groupe, qui s'essaie à la transparence sur son site internet, à acquis, puis s'est séparé de parts dans les capitaux de compagnie déjà existantes, comme Travel Services (République Tchèque), BlueBird Cargo (Islande), Air Iceland (opérateur domestique plus ou moins historique), Lat Charter basée en Lettonie, ainsi que des réseaux hôteliers et des voyagistes.
Cependant, le site reste flou quant à la flotte du groupe, malgré qu'ils distinguent vaguement les appareils en propriété et ceux en location. Icelease et IG Invest, deux entités du groupe, spécialisées respectivement dans la location et l'investissement, présentent toutes deux la particularité d'être apparemment des sociétés écran. Le site internet de Icelease est en construction depuis au moins 5 ans, et trace vos visites. Toute tentative de contact reste vaine.
Une entreprise IG Invest est installée en France, près de Tours, et est spécialisée dans la gestion de patrimoine immobilier, sans avoir le moindre employé, et avec pour capital : 1 000 Eur. Cette entreprise, n'ayant pas de site internet, ni de téléphone, il est impossible d'établir un lien avec certitude.
Si Icelandair Group affirme que Icelease possède et loue une flotte composée de 3 Boeing 757 (ce qui représente la flotte de Loftleidir), 3 Boeing 737-500 et 4 Boeing 737-800 (ce qui représente une partie de la flotte de Travel Services), il est en revanche difficile de trouver des traces de ces opérations sur les moteurs de recherches spécialisés dans les immatriculations d'avions, mais les résultats montrent tout de même des locations longue durée à Transaero et... Jet2.
Lors de son intégration à Icelandair Group, Lat Charter à été renommée SmartLynx, et une fliliale à été ouverte en Estonie. L'un des directeurs de SmartLynx est islandais, et le principal client est un ancien client de Loftleidir : Santa Barbara Airlines.
Les principaux actionnaires d'Icelandair Group sont, par des manipulations similaires à celles d'Eimskip, en réalité composées de deux organisations majoritaires : Lifeyrussjodur Verzlunarmanna (le fonds de retraite cité dans le cas d'Eimskip), et Stefnir, réputé le plus important fonds d'investissement islandais, qui a – entre autres – pour directrice, Hrund Rudolfsdottir, également membre du directoire... d'Eimskip. A noter également dans le directoir de Stefnir, la présence de la directrice de Marel, logisticien alimentaire dont une usine est installée à Baud, dans le Morbihan.
Depuis 2008, Icelandair Group a pour président Bjorgulfur Johansson, président de la confédération des entreprises islandaises (élu à 98,5% des voix), et qui fût, de 2003 à 2008, le président du syndicat de pêche islandais (LIU), très influent, et inscrit au cœur de multiples scandales impliquant directement le parti de l'ancien premier ministre, lui même mêlé directement au scandale financier ayant mené à la crise de 2008.
TROISIEME PARTIE : WOW AIR
Iceland Express, fondée en 2002 par un groupement d'investisseurs islandais : Northern Travel Holding, était une alternative «low-cost» au marché largement dominé par Icelandair Group. Les vols étaient à l'origine sous-traités par Astraeus, compagnie dirigée par Bruce Dickinson, leader du groupe de métal Iron Maiden.
Iceland Express, par la suite vendue à un groupe d'investissement suisse, Fons, à transféré une partie des contrats d'exploitation à Hello, compagnie aérienne suisse, ainsi qu'à JetX, compagnie islandaise qui a brutalement déménagé au Danemark en 2008 après la crise islandaise, et s'est rebaptisée Primera Air (sans changer son directoire).
Discrètement, la compagnie fut rachetée par un nouveau fonds : Fengur hf. A cette occasion, les opérations de Iceland Express sont modifiées, et les contrats d'exploitation retournent à Astraeus, qui fût rachetée également par Fengur hf.
Fengur hf, est une entreprise spécialisée dans la construction navale de grands chalutiers, basée à Reykjavik. Mais malgré l'importance financière de l'entreprise, le site internet est extrêmement pauvre, et les activités sont plutôt louches : Fengur hf est un bureau de consulting en ingénierie, mais vend des navires construits. Précisons que l'Islande a récemment été ébranlée par un scandale fiscal et financier impliquant le syndicat des industries de la pêche (LIU), dont l'ex président est désormais à la tête d'Icelandair Group, ainsi que le parti de l'ancien premier ministre.
En 2011, Astraeus fait faillite, sans justifier cette surprise imprévisible. Dans l'immédiat, Iceland Express sous-traite ses contrats d'exploitation avec Holidays Czech Airlines, filiale de Czech Airlines, dont elle devient le seul client.
En 2012, subittement, Iceland Express cesse toutes ses opérations, et est miraculeusement sauvée par une compagnie émergente, Wow Air, qui reprend très rapidement toutes ses activités. La création de la nouvelle compagnie par Skuli Mogensen, entrepreneur spécialisé dans les télécommunication (il est le fondateur de Islandssimi, un des premiers opérateurs privés de téléphonie islandais, plus tard racheté par Vodafone), les voyages et la technologie, fait appel à son groupe d'investissement privé Titan, dont les filiales courent un peu partout aux USA, au Royaume Uni, au Danemark.
A noter que Mogensen, en plus d’être président de TITAN, devient également président de Wow Air.
Depuis son lancement, les vols de Wow Air sont opérés pat Avion Express, une compagnie basée en Lituanie, créée en 2005 mais dont les activités étaient minimes avant ce contrat exclusif. A noter qu' Avion Express est une filiale à 100% de Eyjafjoll SAS, petite entreprise française de maintenance aéronautique, sans salarié, sans base technique, et dont le nom évoque une célèbre montagne... islandaise. Pas la peine de leur chercher un site internet non plus.
Depuis 2012, 24 gros porteurs sont passés dans la flotte d'Avion Express, jusqu'alors petite compagnie locale de transports cargo, spécialisée dorénavant dans la location ACMI et dry-lease d'avions. Parmi ses clients situés dans le monde entier, on retrouve, entre autres, Travel Sevices, filiale... d'Icelandair Group.
Financée par Avion Capital Partners (dont le site internet est également très comique), un groupe d'investissement suisse très opaque en raison du secret bancaire helvétique, il est difficile, voire impossible de remonter plus loin quant aux divers intérêts desservis par cette société Eyjafjoll, qui a tout d'une société écran également, au capital étrangement bas de 10 000 euros (largement insuffisant pour une entreprise de maintenance aérienne, cette somme ne couvrant aucune licence légale).
De son côté, Primera Air, anciennement JetX, compagnie islandaise puis danoise qui louait deux appareils à Iceland Express, s'est spécialisé dans les vols charters, et (encore une fois), la location ACMI et dry-lease d'avions et à installé une filiale en Estonie pour effectuer ses opérations européennes. Filiale dirigée par... un islandais.
CONCLUSION
Pour résumer, et simplifier les propos détaillés et techniques de cette modeste enquête, il est clair et net que le secteur des transports et de la logistique en Islande ont été gangrénés par une mafia tantaculaire, aux bras si longs, qu'ils carressent les côtes à la fois des investisseurs du golfe, et de ceux de la Caraïbe. Quelle que soit la compagnie concernée, on retombe toujours, à l'origine, sur une entreprise liée de très près à l'industrie de la pêche islandaise. Icelandair est liée de manière très claire au syndicat des pêches (rappelons que le directeur d'Icelandair est l'ancien président de ce syndicat). Air Atlanta Icelandic est une filiale d'Eimskip, dont une des portes (Hedinn) s'ouvre sur... la construction navale et l'industrie de la pêche. Wow Air est propriété de Fengur, un chantier naval spécialisé dans les bateaux de pêche.
Et qui, patronne (ou plutôt rançonne) l'activité de la pêche en Islande ? Qui est ce Bjorgolfur Johansson ? Quel lien a-t-il avec le gouvernement ? Quel lien a-t-il avec Kynnisferdir, autrement appelée Reykjavik Excursion, entreprise leader sur le marché du tourisme en Islande ? Quel lien a-t-il avec l'association des musées islandais ?
Toutes ces questions appartiennent à une autre histoire ordinaire...
Mais cependant, comme promis, cette histoire ordinaire qui vous est contée s'achève sur ces mots : grâce aux millions qu'ils mirent de côté sur beaucoup de comptes en banques bien gardés et qu'ils chérissent sans doute pus que tout, ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants.